Les philosophes du néant

UN ESSAY SUR L'ÉCOLE DE KYOTO

James W. Heisig

Paris: Éditions du Cerf, 2008. 481 pp.

L’émergence de l’école de Kyoto (Nishida, Tanabe, Nishitani) marque un tournant décisif dans l’histoire des idées. Ce courant de pensée constitue la première contribution consistante et originale du Japon à la pensée philosophique de type occidental, tout en l’enrichissant d’une perspective spécifiquement orientale, remontant aux sources chinoises et indiennes de celle-ci, et articulée autour de la notion de néant – souvent présenté comme un pendant asiatique à l’être occidental. Cet effort philosophique, élaboré au confluent des traditions d’Occident et d’Orient, représente un véritable défi, structuré et bien informé, pour la redéfinition même de l’histoire de la philosophie et du projet philosophique. Le fait que les années de formation de ce courant de pensée coïncidèrent avec une période de nationalisme et de militarisme intenses au Japon a retardé sa reconnaissance tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières du pays. À l’aube du XXIe siècle, les malentendus qui ont pu entourer ce courant de pensée sont enfin levés et les enjeux philosophiques (ontologiques et religieux) de sa production peuvent enfin être abordés seremement.

“Beaucoup reste à découvrir de cet ensemble d’oeuvres massif, If souvent difficile d accès, mais dont la place est unique. En effet, formes a la pensée occidentale, les e philosophes de l’Ecole de le ont. tenté d’en transformer les il- perspectives en y greffant apports orientaux reconfigurés. Au risque de ne plus être nulle part, considérés comme agents duJapon en Occident et comme agents occidentaux par les Japonais. A moins de les aborder le patiemment, comme d’étranges miroirs où chacun, en croyant poui- fait, sous ses propres traits, le visage d’un autre.”

Roger-Pol Droit, Le Monde

James W. HEISIG est professeur à l’université Nanzan et est membre permanent du Nanzan Institute for Religion and Culture à Nagoya (Japon).

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